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Navires commerciaux et bateaux de plaisance: des recommandations pour un partage sécuritaire des voies navigables

André M. Benoît, spécialiste en sécurité de la navigation et conseiller pour le programme Suivez la vague.

Le pilotage des embarcations de plaisance relève de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada et du Règlement sur les abordages. Si la réglementation définit clairement les responsabilités des navigateurs pour prévenir les abordages, elle est cependant muette quant à l’ordre de grandeur des distances sécuritaires à maintenir.

La réglementation ne peut faire état de toutes les situations dans lesquelles les navigateurs peuvent se trouver; c’est pourquoi le navigateur doit se fier à sa perception et à son jugement pour choisir la manœuvre la plus sécuritaire possible et dans la façon de l’exécuter.

Nautisme Québec a donc élaboré une procédure susceptible d’améliorer la sécurité de la navigation dans les chenaux étroits. Cette procédure a été présentée au Conseil consultatif régional de la navigation de plaisance de Transports Canada et a fait l’objet d’une discussion au cours d’une réunion en avril dernier.

Le code de conduite à l’intention des navigateurs plaisanciers proposé précise les distances minimales qu’un bateau de plaisance doit respecter pour éviter de trop s’approcher d’un navire de commerce, ce qui élimine ainsi tous les risques d’abordage. Les recommandations de Nautisme Québec s’inspirent, en partie, du Règlement sur les mammifères marins du Canada, qui fixe à 400 m la distance minimum à maintenir entre les plaisanciers et les baleines et les bélugas.

Ainsi, Nautisme Québec recommande d’adopter cette distance de 400 m pour les bateaux de plaisance qui croisent un navire de commerce sur son avant et de 50 m dans le cas de rencontres ou de dépassements. Ces distances sont considérées comme réalistes et raisonnables par les représentants des pilotes du Saint-Laurent et des capitaines de traversiers qui ont été consultés à ce sujet.

Un programme d’information et  de sensibilisation sera mis en place par Nautisme Québec au cours des prochains mois dans le cadre de son programme Suivez la vague.

Nous vous présentons ci-dessous les recommandations proposées qui ont fait consensus auprès des experts consultés. Nous vous encourageons à adopter ce code de conduite et à le mettre en pratique dès maintenant.

 

Les recommandations

Ces recommandations s’appliquent à tous les bateaux de plaisance, à voile ou à moteur, y compris les motomarines, les planches aérotractées (kitesurfs) et les planches à voile, ainsi qu’aux embarcations à propulsion humaine, chaloupes, canots, kayaks et planches à pagaie.

Les recommandations s’appliquent dans la zone de navigation immédiate de tous les navires commerciaux, à l’exception des petits bateaux commerciaux qui naviguent sur le fleuve Saint-Laurent sur toute sa longueur et ses affluents, du secteur de l’île Rouge/Tadoussac jusqu’aux Grands Lacs.

1- Généralité

Dans un chenal étroit, un navire commercial a toujours le statut de navire privilégié; il doit ainsi maintenir son cap et sa vitesse. Un bateau de plaisance a toujours le statut de navire non privilégié; il doit ainsi s’écarter de la route d’un navire commercial.

2- Bateau de plaisance dont la route croise un navire commercial

  1. Lorsqu’un bateau de plaisance croise exceptionnellement la route d’un navire commercial sur son avant, il doit s’écarter de sa route le plus tôt possible; il doit toujours effectuer une manœuvre franchement et largement à temps, maintenir une distance d’au moins 400 mètres (environ 1 300 pieds) et maintenir un contact visuel avec la passerelle du navire.
  2. Toutefois, en présence d’un traversier faisant habituellement route d’une rive à l’autre, un bateau de plaisance doit toujours passer à l’arrière de ce dernier.

3- Bateau de plaisance qui rencontre ou qui rattrape un navire commercial

  1. Lorsqu’un bateau de plaisance rencontre ou rattrape un navire commercial sur son côté bâbord ou tribord, il doit s’écarter de sa route le plus tôt possible; il doit toujours effectuer une manœuvre franchement et largement à temps, et maintenir une distance d’au moins 50 mètres (environ 165 pieds).
  2. Lorsqu’un bateau de plaisance s’approche d’un traversier en service, à quai et en préparation des manœuvres d’un départ, il doit maintenir la distance minimale mentionnée ci-dessus à l’article 3 1), soit au moins 50 mètres.

4- Navire commercial qui rattrape un bateau de plaisance

Lorsqu’un bateau de plaisance est rattrapé par un navire commercial, il doit s’écarter de sa route le plus tôt possible; il doit toujours effectuer une manœuvre franchement et largement à temps, et maintenir les distances minimales mentionnées ci-dessus aux articles 2 1) et 3 1).

  1. B.: Les règlements découlant de la Loi de 2001 sur la marine marchande du Canada ont toujours préséance sur les recommandations énoncées ci-dessus.

Avec les nouvelles technologies sont apparus les réseaux d’économie de partage... La bonne nouvelle, c’est que cela permet un accès plus facile à l’information quant aux possibilités et opportunités de faire de la voile. Cependant, cela implique aussi qu’il faut s’y retrouver parmi l’information disponible afin de faire des choix éclairés. Quel que soit votre objectif, et que vous soyez un néophyte ou un vieux loup de mer, voici quelques questions à vous poser :


Vous voulez faire de la voile?

Sachez que vous n’avez légalement besoin d’aucune formation ni d’aucune accréditation pour faire de la voile au Canada.

Ceci est vrai, tant sur un petit dériveur que sur un quillard de 50 pieds. Vous pouvez dès demain, même si vous n’avez aucune expérience, acheter et partir avec l’embarcation de vos rêves sur votre petit lac ou pour faire le tour du monde…

Votre seule obligation, si l’embarcation possède un moteur, c’est de détenir une carte de conducteur d'embarcation de plaisance.

Par contre, même s’il n’y a pas d’obligation légale, qu’en est-il de votre sécurité,  de celle de vos invités et de votre voilier?

La meilleure façon de prévenir les mésaventures et de revenir avec le sourire est d’être bien préparé et bien formé, car la voile ça peut être très simple quand on en comprend les rudiments, mais devenir rapidement compliqué si l’on n’y connait rien. Suivre de la formation reste votre meilleur gage de succès (voir article de Normand Latour).

Qu’en est-il des cours de voile?

Aucune règle ne vous oblige à choisir une école homologuée par Voile Québec. Vous pouvez si c’est ce que vous désirez, faire appel à votre cousin ou à votre voisin pour vous conseiller.

Cependant, celui qui vous enseigne à des obligations envers vous et peut-être envers Transports Canada. De plus, être un marin aguerri ne vient pas nécessairement avec les compétences d’enseigner et ne permet pas de vous accréditer.

De plus, si votre formateur fournit l’embarcation, est-ce que celle-ci est sécuritaire et conforme?

En sélectionnant une école homologuée et un instructeur certifié, vous serez couverts par une assurance accident, le curriculum de votre cours sera reconnu et votre formation pourra mener à l’obtention d’un brevet de Voile Canada.

Pourquoi se faire accréditer?

Outre pour vous permettre de mesurer où vous en êtes dans votre développement en tant que marin, l’obtention de brevets peut s’avérer non négligeable si vous souhaitez louer une embarcation au Canada ou encore lorsque vous voudrez faire assurer votre embarcation.

 

Vous voulez obtenir une certification de Voile Canada attestant de vos compétences de chef de bord?

Vous devez suivre un cours dans une école homologuée, offert par un instructeur certifié.

Vous avez des doutes et aimeriez confirmer que l’école et l’instructeur avec qui vous songez vous embarquer sont conformes?

Vous pouvez nous contacter : 1-866-VOILEQC / 514-252-3097


Vous voulez donner de la formation ou simplement faire faire des tours de voile sur votre voilier?

Si vos invités sont vos parents et amis, pas de problème!

Si vos passagers sont recrutés via Airbnb ou autres réseaux de partage et qu’ils sont sur votre bateau contre rémunération, alors attention!!

Bien que ce soit une bonne façon de faire la promotion de la voile et de la rendre plus accessible aux personnes qui ne font pas partie de la communauté de voile, ces formules vous imposent certaines responsabilités que ce soit au niveau de l’équipement requis, de vos couvertures  d’assurance ou de la réglementation de Transports Canada (voir article d’André Benoit dans ce magazine)

Outre la règlementation de Transports Canada, il importe de vous questionner : vous êtes certes un marin aguerri, mais êtes-vous bien outillé pour enseigner?

Vous souhaitez enseigner? Nous pouvons vous former comme Instructeur d’introduction à la voile sur quillard ou encore vous certifier comme Instructeur de voile croisière.

Vous vous joindrez alors à un réseau regroupant les professionnels de l’enseignement de la voile, pourrez décerner des brevets de Voile Canada et bénéficierez d’une couverture d’assurance en responsabilité civile.

Plusieurs écoles ont également besoin d’instructeurs : les opportunités sont multiples!

Devenir instructeur, c’est sérieux, mais ce n’est pas si compliqué! https://voile.qc.ca/fr/se-former/devenir-instructeur-de-voile-croisiere

Vous aimeriez fonder une école de voile homologuée?

L’objectif premier est de nous assurer que le public est protégé. Votre école doit donc rencontrer certaines obligations. Pour plus d’information, vous pouvez consulter l’encadré ici-bas, notre politique d’affiliation (voile.qc.ca) ou nous contacter.

 

Vous voulez prêter ou louer votre voilier?

Rien ne vous empêche de le faire : si vous n’êtes pas à bord, que le locataire est le chef de bord et qu’il l’utilise uniquement dans un but de plaisance, les exigences propres aux embarcations de plaisance demeurent applicables.

Cependant, afficher votre bateau sur des sites tels que Airbnb, Kijiji, SamBoat, Click and boat, etc. comporte des risques et des responsabilités. Nous vous invitons donc à vérifier la législation en vigueur, votre couverture d’assurance, ainsi que les règles du club ou de la marina où votre voilier est amarré.

 

Valeur ajoutée de faire affaire avec une école homologuée Voile Québec :

  • Vous bénéficierez d’une assurance accident comme membre stagiaire,
  • vous serez assuré que l’entreprise avec laquelle vous faite affaire a une existence légale,
  • qu’elle peut vous décerner les brevets de Voile Canada,
  • que votre formation sera reconnue partout au Canada (à la condition que votre instructeur soit certifié),
  • et finalement, qu’elle se conforme à la règlementation de Transports Canada, de Voile Québec et de Voile Canada en ce qui a trait aux équipements de sécurité et à la formation.

Valeur ajoutée de l’instructeur certifié par Voile Canada :

  • Vous vous assurez qu’il a un minimum de connaissances et de compétences en voile,
  • qu’il détient une formation en premiers soins, un certificat VHF,
  • qu’il a les aptitudes physiques pour enseigner,
  • qu’il suit les curriculums de cours qui sont les mêmes partout au Canada. Vous pouvez donc faire votre brevet élémentaire au Québec et votre intermédiaire en Colombie-Britannique si cela vous chante,
  • que votre cours pourra mener à l’obtention d’un brevet de Voile Canada.

Montréal, le 16 avril - Venez nous rencontrer les 27 et 28 avril prochain à la Marina gosselin pour le lancement de la saison 2019 lors de l'Expo Voile !

La Fédération de voile du Québec sera présente avec le simulateur de voile de l'École de voile de Lachine pour vous faire découvrir les joies de la navigation et pour planifier vos prochaines formations.

Lors de cet événement il y aura beaucoup à faire, vous pourrez :

Monter à bord de plusieurs voiliers à flots de Bénéteau

Assister à plusieurs conférences gratuites sur les panneaux solaires, la planification d’un départ vers le sud et pourquoi y revenir, et les dessalinisateurs Spectra

Disposer de vos feux de signalisation périmés.

Profiter de rabais exceptionnels.

Économiser les TAXES sur les items à prix régulier* Si vous ne pouvez pas vous déplacer cette fin de semaine, vous pouvez tout de même profiter du rabais sur les taxes en utilisant le code promotionnel “TAXES” sur la boutique en ligne de la Marina Gosselin

Ne manquez pas cette occasion. Au plaisir de vous y rencontrer!

 

Expo_Voile_2019.png

C’est le yacht-club de Beaconsfield qui accueillait cette année le Championnat canadien Laser/Ian Bruce Memorial du 31 mai au 2 juin. C’est plus d’une soixantaine d’athlètes qui étaient présents dans les classes de Laser, Laser 4.7 et Laser Radial, ceux-ci provenant principalement du Québec, de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique.

Avec des conditions plutôt difficiles, notamment dues à un manque de vent, c’est la journée du samedi qui aura permis d’effectuer le plus de courses. Les Laser auront coursé un total de 6 courses, tandis qu’un total de 4 courses auront pu être disputées par les Radial et 4.7.

De retour des Championnats Européens depuis peu, Coralie Vittecoq a terminé au 2e rang chez les Radial, devancé par Ryan Anderson, originaire de la Nouvelle-Écosse. L’athlète ontarien Dale Whitmore a terminé au 3e rang de cette catégorie.

Coralie continue maintenant son entraînement à Toronto quelque temps avant de partir pour Gran Canaria, où elle fera son dernier camp d’entraînement avant de se rendre au Japon, pour compétitionner au Championnat du monde qui se déroulera cet été, du 17 au 24 juillet.

Félicitations à tous les athlètes de ce Championnat!


Pour voir tous les résultats finaux du Championnat canadien/Ian Bruce Memorial:

https://yachtscoring.com/emenu.cfm?eID=6151

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Credit photo: Eric Gouin

 

La Fédération de voile du Québec (FVQ) fait une pierre deux coups pour développer le programme de survie au large (par Simon DuBois)

 

Cours Survie au large – 9 et 10 mars

Les 9 et 10 mars dernier avait lieu le premier cours de Survie au Large de l’année 2019. Ce cours offert par la Fédération de voile du Québec accueillait pour l’occasion plus d’une trentaine de participants venus de tous les coins du Québec, de l’Ontario et des Maritimes. Parmi le lot, on retrouvait des coureurs au large, des couples rêvant de partir autour du monde en famille, partir vers le sud et des marins tout simplement à la recherche du plus haut niveau de formation en sécurité et survie au large.

Pour l’occasion, la FVQ a fait appel à des instructeurs et navigateurs de renom avec le concours de Voile Canada et de la Fédération Française de Voile afin de desservir deux groupes, l’un en français et l’autre en anglais.

Le groupe francophone était mené par Andrew Liebmann et Luc Coquelin. Andrew un vétéran de l’industrie maritime et de Voile Canada compte sur un palmarès de course au large très impressionnant sur la côte ouest du pays : cinq Vic-Maui, deux Transpac, quatre Van Isle 360, et plusieurs autres courses. Il cumule également des expériences comme skipper, navigateur, chef de quart, officier de sécurité sur plusieurs types de bateaux allant du quillard aux navires marchands.

Luc est un coureur au large français de renommée mondial vivant en Guadeloupe. Il a couru six fois la Route du Rhum, terminant 3e en classe Rhum Mono en 2018 et 2e en 2010. Celui qui avait remporté la Transat Québec Saint-Malo en 2016 dans la classe Open s’est fait connaitre pour ses nombreux succès notamment dans la Transat des Alizés (1er, 1998), la Transcaraïbe (1er, 1999, 2000 et 2001), la Transat Jacques Vabres (4e, 2005). Lorsqu’il n’est pas en mode course, celui qui a plus de cinquante traversées de l’atlantique à sa fiche, forme des marins dans son école de voile et de navigation à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

Du côté anglophone, les instructeurs présents étaient aussi chevronnés. David Sutcliffe ce grand navigateur de course au large a navigué quatre course Oregon, six vic-Maui, deux Sydney-Hobart, quatre Van Isle 360 et bien d’autres. Il a aussi plusieurs expériences comme skipper, navigateur, notamment dans des conditions de mer agitées. David a aussi à son actif plusieurs formations d’instructeurs de Survie au large. Enfin, il fait actuellement partie de l’organisation de la course Vic-Maui.